Tom :
Alors avec FAUST, ... ça fait pas beaucoup?
Serge Lehman :
 Si ça fait beaucoup, ça fait même trop objectivement, je dis oui à des choses dont je sais pertinemment que je ne pourrais pas les rendre à temps. Pourquoi est-ce que c'est comme ça ?
C'est culturel et économique. Economique tout bêtement, parce que l'on est dans une économie de livre de poche, de livres qui sont peu payés, donc on est obligé d'écrire beaucoup si l'on veut vivre de sa plume. Ca fait dix ans que j'écris en ayant un travail à plein temps à coté, et comme j'en ai assez d'écrire la nuit je vais tenter l'expérience d'écriture de jour, ...
 Il n'est pas exclu que je renonce à ce projet, si je suis obligé d'écrire cinq romans par an pour vivre et si ces cinq romans sont gâchés parce qu'ils sont écris trop vite. Au niveau culturel, la science-fiction est plutôt une culture de la générosité que de la rareté. Au fond, même si j'écris trois, quatre ou cinq romans par an, je n'écrirais pas plus que Stephen King qui écrit chaque année 2 ou 3 mille pages. Il ne faut pas avoir peur d'écrire beaucoup, je pense que l'on a plus de chance d'écrire un bon texte en en écrivant quinze, qu'un bon texte en en écrivant qu'un.

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